Critique

Le Pont des Espions

Titre original : Bridge of Spies

IMDb 7.6 / 10
Allociné 3.9 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de Le Pont des Espions

Le Pont des Espions

Le Pont des espions, en 2015, prend Tom Hanks avocat de la guerre froide, Mark Rylance espion soviétique délicieusement flegmatique, Amy Ryan, Alan Alda, Scott Shepherd, Austin Stowell et Sebastian Koch, puis demande à Steven Spielberg de faire de la décence procédurale un thriller diplomatique. Hanks y est impeccablement Hanks, c’est-à-dire tellement moralement lisible qu’on pourrait presque s’en servir comme signalisation urbaine. Rylance, plus étrange, plus sec, donne au film son vrai mystère. Spielberg, après Lincoln, continue ici sa grande entreprise de restauration élégante de la démocratie américaine en action. C’est beau. C’est aussi un peu trop bien repassé.

2015 est aussi l’année où les relations entre grandes puissances, les échanges d’otages, les tensions Russie-Occident et le retour d’un vocabulaire de guerre froide occupent à nouveau très clairement l’espace médiatique. Le Pont des espions profite évidemment de cette résurgence. Il rappelle qu’il existe une tradition de négociation, de tenue et de méthode au cœur du conflit. Très bien. Mais il en fait un récit si noble, si maîtrisé, si calme que l’Histoire paraît parfois avoir été rangée pour le meilleur service de l’idéal civique spielbergien.

Le film reste très beau, très bien joué, très intelligent. Il donne aussi l’impression que la justice américaine, lorsqu’elle est correctement incarnée par Tom Hanks sous beau manteau, peut encore réorganiser le monde avec un mélange de bon sens et de dignité. C’est séduisant. C’est peut-être un peu trop reconfortant pour un XXe siècle aussi glacial. Même le mur y devient un décor pour conscience propre.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un faux pont de Berlin miniature aurait été retiré après avoir “tenté de s’autoproclamer passerelle morale principale entre blocs nucléaires”.