Critique

Presque célèbre

Titre original : Almost Famous

IMDb 7.9 / 10
Allociné 3.8 / 5
Rotten T. 89%
Critique
Affiche de Presque célèbre

Presque célèbre

Presque Célèbre, en 2000, prend Patrick Fugit adolescent journaliste, Kate Hudson muse en faux velours, Billy Crudup rock star flottante, Frances McDormand, Philip Seymour Hoffman, Jason Lee, Zooey Deschanel et fait du road movie musical seventies une légende de formation tendrement réchauffée. Cameron Crowe y filme évidemment sa propre mythologie, et c’est exactement là que commence le problème : le film a l’air de vous livrer un souvenir, alors qu’il vous livre surtout la version idéale d’un souvenir déjà monté. Hudson est formidable, Crudup très juste, Hoffman inoubliable dès qu’il passe. Crowe, après Jerry Maguire, sait parfaitement comment faire sentir qu’une époque avait une âme. Il le fait avec un tel soin qu’on finit par soupçonner le parfum d’archive.

2000 est aussi l’année de bascule où l’industrie musicale entre plus franchement dans la crise numérique, le piratage, la nostalgie accélérée et l’idée qu’un certain rock organique appartient déjà au patrimoine. Presque Célèbre sort donc au moment idéal pour vendre les années 1970 comme âge perdu de la sincérité et du désordre. C’est très beau. C’est aussi très commode. Le film fige la vitalité du rock en album de famille affectif au moment exact où l’industrie a besoin de croire à ses propres mythes fondateurs.

Le résultat est chaleureux, drôle, merveilleusement casté. Il est aussi presque trop tendre avec son sujet. Même les manipulations, les egos, les ruines et les humiliations du rock y deviennent souvenirs à caresser. On sent constamment Crowe protéger l’époque qu’il prétend raconter. C’est touchant. C’est aussi une légère réduction de sa sauvagerie en pellicule souvenir pour âme mélomane.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un faux vinyle de Stillwater aurait été enfermé dans une flight-case après avoir “revendiqué la totalité de l’authenticité sonore du Nouvel Hollywood rock”.