Critique
Titre original : Harry Potter and the Prisoner of Azkaban
Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban
Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, en 2004, prend Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint, Gary Oldman, David Thewlis, Emma Thompson, Michael Gambon, Alan Rickman et confie la puberté magique à Alfonso Cuarón. Le résultat est souvent présenté comme le sommet esthétique de la saga, ce qui est très possible et légèrement agaçant. Cuarón, après Y tu mamá también et avant Children of Men, apporte enfin du vent, du tissu, de la météo, de la caméra qui respire. Très bien. Mais cette respiration même est devenue une sorte de certificat critique automatique : dès qu’un blockbuster pour enfants gagne en texture, on se met à genoux.
Le film sort en 2004, une année où Hollywood affine de plus en plus sa capacité à rendre les franchises plus “auteurisables” sans rien lâcher de leur machine globale. Azkaban est un cas exemplaire de ce basculement. Il a l’air plus libre, plus triste, plus météorologique. Il l’est. Il sert aussi merveilleusement la continuité commerciale d’un univers en train de se complexifier. La patine fait vendre autant que les baguettes.
Le film reste splendide, plus fluide, plus vivant que d’autres épisodes. Il est aussi si consciemment beau qu’on finit parfois par admirer la pluie avant de s’intéresser aux sortilèges. Même le temps, ici, a l’air d’avoir été conçu pour flatter le goût du spectateur qui veut croire qu’il regarde enfin “du vrai cinéma” à Poudlard. C’est le cas, en partie. C’est aussi un très beau relooking de marque sous influence auteur.
🎬 Le saviez-vous ?
un retourneur de temps factice aurait été confisqué après avoir “tenté de déplacer rétroactivement le prestige d’auteur sur l’ensemble de la saga”.