Critique

Will Hunting

Titre original : Good Will Hunting

IMDb 8.3 / 10
Allociné 3.2 / 5
Rotten T. 97%
Critique
Affiche de Will Hunting

Will Hunting

Will Hunting, en 1997, prend Matt Damon génie des maths et prolétaire de Boston, le place entre Robin Williams thérapeute endeuillé, Ben Affleck frère d’âme, Minnie Driver amoureuse et Stellan Skarsgård professeur sponsor du destin, puis demande à Gus Van Sant de transformer tout cela en drame de potentiel empêché. Damon y est très bon, Affleck aussi, Williams évidemment parfait dans le registre du grand homme blessé qui vous sauve en baissant la voix. Van Sant, entre To Die For et Psycho, adopte ici une forme beaucoup plus conciliante, presque trop. Le film sait exactement à quel point il est utile à tous ceux qui veulent croire qu’un génie mal orienté peut encore être ramené au monde par les bons bras paternels.

1997 est aussi l’année d’une Amérique encore confiante dans ses mythes de mobilité et de mérite, juste avant les fissures plus visibles du début des années 2000. Good Will Hunting baigne dans cette croyance : le système est dur, certes, mais il reste imaginable qu’un garçon de South Boston puisse être reconnu, réparé, orienté. C’est touchant. C’est aussi la version très bienveillante et très oscar-friendly d’un récit social autrement plus brutal dans le réel.

Le film reste beau, très bien joué, efficace au possible. Il peut aussi sembler un peu trop satisfait de sa propre idée de la guérison masculine. Tout y conduit vers la scène mémorable, la confession qui débloque, le départ qui sauve. Même la résistance psychique ressemble à une serrure conçue pour le bon thérapeute. On en sort consolé. C’est peut-être précisément ce qui gêne : le film soigne admirablement un monde qu’il regarde finalement avec beaucoup de confort.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un tableau d’équations de décor aurait été effacé d’urgence après avoir “revendiqué l’exclusivité sur le potentiel inexploité des classes populaires de Boston”.