The Dark Knight Rises
The Dark Knight Rises, en 2012, prend Christian Bale épuisé, Anne Hathaway féline, Tom Hardy masqué, Michael Caine, Gary Oldman, Joseph Gordon-Levitt, Marion Cotillard, Morgan Freeman et tout Gotham comme laboratoire d’un crépuscule héroïque terriblement convaincu de sa propre importance. Christopher Nolan, après The Dark Knight et Inception, veut conclure son triptyque comme on ferme un âge du monde. Il y réussit presque trop bien : chaque plan, chaque discours, chaque sacrifice semble déjà se préparer pour les anthologies de blockbuster adulte. Hardy apporte la masse vocale et l’étrangeté nécessaire ; Hathaway est plus vive, plus libre, presque trop vivante pour un film aussi monumental.
2012 est aussi l’année d’Occupy encore dans les têtes, des inégalités massives, des peurs de soulèvement, de la finance et de la fragilité des grandes villes comme scènes de domination. The Dark Knight Rises vampirise tout cela avec une avidité intellectuelle impressionnante. Le problème est qu’il transforme les angoisses sociales en opéra de prestige si impeccablement cadré que la révolution y ressemble à un concept de décor. Même la foule a l’air dirigée par un consultant en sublime.
Le film impressionne, bien sûr. Il est aussi extraordinairement pesant dans sa manière de vouloir être la tragédie définitive du super-héros post-11 septembre. Tout y penche vers le grand destin, la grande chute, la grande remontée hors du puits. C’est fort. C’est aussi très content de sa gravité. On sent le chef-d’œuvre autoproclamé soulever ses haltères thématiques devant le miroir IMAX.
🎬 Le saviez-vous ?
un masque de Bane de secours aurait été mis sous scellés après avoir “tenté d’imposer seul une réforme de la diction apocalyptique du cinéma populaire”.