Critique

Mulan

IMDb 7.5 / 10
Allociné 4.2 / 5
Rotten T. 86%
Critique
Affiche de Mulan

Mulan

Mulan, en 1998, prend une jeune femme chinoise transformée en soldat sous couvert de déguisement, la confie à Mushu, à Shang, à un empire, à un patriarcat et à une avalanche de chansons Disney, puis la rend immédiatement exemplaire. Tony Bancroft et Barry Cook dirigent les voix de Ming-Na Wen, Eddie Murphy, B.D. Wong, Miguel Ferrer, Harvey Fierstein, Pat Morita et George Takei dans un film souvent célébré comme la preuve que Disney savait déjà être progressiste à grand spectacle. Ming-Na Wen y est très juste, Murphy apporte l’énergie comique attendue, et le film, évidemment, fonctionne. C’est justement là que la réserve commence : il fonctionne parfois trop bien comme certification morale rétroactive.

1998 est aussi une année où les studios hollywoodiens intensifient encore leur rapport global à l’Asie comme réservoir de décors, d’arts martiaux, d’histoires et de marchés. Mulan s’inscrit dans ce moment avec une habileté remarquable : assez de différence pour promettre l’exotisme, assez d’universalité pour rassurer la marque. Le résultat est très séduisant, mais cette séduction passe aussi par une domestication massive. Même la transgression y devient parfaitement intégrable à l’ordre final.

Le film reste beau, entraînant, souvent touchant. Il donne aussi un peu trop l’impression que la contestation du genre et de l’autorité peut être menée sans jamais troubler trop longtemps la mécanique du royaume, de la famille et du logo Disney. On admire Mulan, son courage, sa vivacité. On sent aussi la grande entreprise raconter une désobéissance merveilleusement compatible avec ses propres besoins de légende familiale. C’est fort. C’est très bien maîtrisé.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un dragon Mushu de model sheet aurait été archivé après avoir “tenté de se déclarer autorité spirituelle autonome sur l’empire animée”.