Critique

Volte/Face

Titre original : Face/Off

IMDb 7.3 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Volte/Face

Volte/Face

Volte/Face, en 1997, prend John Travolta, Nicolas Cage, un chirurgien déraisonnable, des colombes, des bateaux, des prisons magnétiques et une quantité de gestes démesurés, puis demande à John Woo de transformer l’échange d’identité en opéra de front. Cage y joue la folie comme si elle cherchait à faire exploser les coutures du film ; Travolta, plus stable, devient presque le point réaliste d’un monde qui n’en veut plus aucun. Woo, après Hard Target et Broken Arrow, sait exactement comment transformer le cinéma d’action américain en grand théâtre de symétrie flamboyante. Il le fait avec un tel plaisir qu’on ne peut décemment pas lui reprocher sa démesure. On peut en revanche en observer les effets secondaires.

1997 est aussi l’année où la culture des doubles, des visages médiatiques, du clonage symbolique et de la plasticité des identités circule fortement, entre les débats sur Dolly la brebis et une culture pop fascinée par la substitution. Volte/Face arrive en plein dans cet air du temps. Il en tire le maximum possible. Mais cette pertinence de surface permet aussi au film de masquer sous le panache une absurdité quasi totale. Le visage n’est plus qu’une prise USB dramatique. Très bien, mais quelle euphorie dans la négation de toute cohérence.

Le film reste sublime, grotesque, incroyablement vivant. Il est aussi tellement ivre de son propre geste qu’il transforme parfois toute émotion en ralenti sacralisé. Même les enfants, les larmes, les retrouvailles, tout passe par le filtre du grand aria balistique. C’est un plaisir immense. C’est peut-être aussi la preuve qu’un cinéaste peut vous faire accepter n’importe quoi du moment qu’il vous offre assez de colombes.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une colombe de doublure aurait été retirée du plateau après avoir “revendiqué l’exclusivité absolue sur la spiritualisation des fusillades”.