Critique

Looper

IMDb 7.4 / 10
Allociné 3.9 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Looper

Looper

Looper, en 2012, prend Joseph Gordon-Levitt grimé en proto-Bruce Willis, Emily Blunt, Jeff Daniels, Paul Dano, Noah Segan, Piper Perabo et un enfant éventuellement apocalyptique, puis demande à Rian Johnson de faire se rencontrer le film de tueur, le paradoxe temporel et la campagne américaine. Gordon-Levitt s’en sort bien malgré la prothèse de visage ; Willis apporte sa masse de fatalité vieillissante ; Blunt, surtout, donne au film sa substance terrestre. Johnson, après Brick et Brothers Bloom, aime déjà les systèmes narratifs élégants. Il les aime tellement qu’il doit sans cesse feindre de s’en moquer pour garder de l’air.

2012 est aussi une année où les blockbusters et thrillers de science-fiction cherchent de plus en plus à combiner “haut concept” et “intimité émotionnelle” pour prouver qu’ils ont une âme. Looper s’inscrit exactement dans cette stratégie, et il la réussit assez bien. Peut-être un peu trop bien. Le film sait quand arrêter d’expliquer pour sembler plus profond, quand injecter l’enfant, la ferme, la mère, le sacrifice. On voit très bien la mécanique de sophistication au travail.

Le résultat est stimulant, tendu, souvent ingénieux. On peut aussi remarquer que le film se donne parfois des airs de liberté conceptuelle tout en restant extrêmement prudent dans sa manière de retomber sur un grand choix moral. Même les paradoxes semblent rangés pour qu’aucun d’eux ne dérange trop le prestige de l’ensemble. On admire la structure. On aimerait parfois que le temps lui-même puisse un peu plus dérailler au lieu de si bien servir le script.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une montre à gousset de décor aurait été confisquée après avoir “tenté d’établir sa propre législation parallèle sur les causalités bancales”.