Critique

Once

IMDb 7.9 / 10
Allociné 3.5 / 5
Rotten T. 97%
Critique
Affiche de Once

Once

Once, en 2007, prend Glen Hansard, Markéta Irglová, Dublin, des chansons enregistrées presque à l’os et un amour à peine formé pour fabriquer un petit miracle de cinéma musical minimal. Le film est adoré pour son humilité, ce qui oblige à noter que l’humilité peut aussi devenir un style très lucratif. Hansard et Irglová sont touchants précisément parce qu’ils semblent parfois en deçà de la technique habituelle des acteurs ; John Carney, avant Begin Again et Sing Street, sait parfaitement comment convertir cette fragilité en vérité artistique. Tout paraît improvisé. Très peu l’est vraiment.

2007 est aussi l’année où les plateformes sociales vidéo et musicales changent progressivement la circulation des artistes, des maquettes, des chansons de chambre et des récits d’authenticité. Once arrive donc au moment idéal pour vendre l’idée qu’une musique honnête, captée sans graisse, peut encore sauver l’âme fatiguée de la ville. C’est séduisant. Et c’est déjà un mythe de l’économie créative urbaine.

Le film touche, surtout grâce aux chansons. C’est bien là la réserve : il dépend à ce point de leur pureté apparente qu’il finit par sanctifier toute maladresse autour d’elles. L’intrigue, les hésitations, les rues, les silences, tout semble converger vers la validation d’une émotion acoustique supérieure. On se laisse faire, naturellement. Mais on sent aussi l’objet calibré pour flatter l’idée que nous nous faisons de la sincérité : deux personnes, une guitare, un clavier, la ville et presque rien. C’est magnifique. C’est aussi une image très confortable de la pauvreté sentimentale bien enregistrée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une guitare de secours aurait été replacée dans son étui après avoir “revendiqué la paternité intégrale du minimalisme amoureux européen”.