Critique

Snowpiercer, Le Transperceneige

Titre original : Snowpiercer

IMDb 7.0 / 10
Allociné 4.1 / 5
Rotten T. 94%
Critique
Affiche de Snowpiercer, Le Transperceneige

Snowpiercer, Le Transperceneige

Snowpiercer, en 2013, prend un train lancé dans un monde glacé, y range les classes sociales wagon par wagon, puis demande à Bong Joon-ho de transformer cette idée de première année de fac en opéra ferroviaire d’une violence très consciente d’elle-même. Chris Evans y tient bien son bloc d’amertume ; Tilda Swinton, surtout, apporte cette folie bureaucratique qui donne au film ses secousses les plus mémorables. Song Kang-ho, Jamie Bell, Octavia Spencer, John Hurt et Ed Harris complètent un dispositif où chaque visage devient station dans une allégorie en marche.

2013 est aussi une année encore fortement travaillée par l’après-crise de 2008, par les inégalités visibles, Occupy en mémoire et le retour massif de la question des classes dans la culture populaire. Snowpiercer tombe pile dans cet air du temps. Très bien. Mais cette justesse de calendrier protège parfois un peu trop le film : l’idée est tellement efficace qu’elle confère immédiatement au récit un brevet de profondeur. Le train est la société ? Merci, on avait compris dès le troisième siège en skaï.

Le film reste excitant, drôle, brutal, inventif. Il est aussi extraordinairement satisfait de sa propre mécanique. Chaque wagon amène sa trouvaille, sa morale locale, sa couleur, son niveau de boss idéologique. Bong met en scène tout cela avec un panache réel, mais ce panache transforme parfois la violence sociale en expérience de parc à thème radical. On avance avec plaisir dans l’inégalité très bien designée. C’est peut-être là que le bât blesse : même la lutte des classes y devient une circulation parfaitement rentable.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une porte de wagon blindée aurait été condamnée après avoir “tenté d’instaurer seule une réforme hiérarchique du capitalisme roulant”.