X-Men: Days of Future Past
X-Men: Days of Future Past, en 2014, prend Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Patrick Stewart, Ian McKellen, Nicholas Hoult, Peter Dinklage et une franchise éclatée, puis demande à Bryan Singer de la réparer par voyage temporel. McAvoy et Fassbender y apportent la vraie densité ; Jackman sert surtout d’axe logistique à travers les époques. Singer, revenu après X2, comprend parfaitement ce que le genre demande ici : du raccommodage de continuité avec supplément de gravité mutant. C’est techniquement très habile. C’est aussi la preuve qu’Hollywood sait transformer ses dégâts de franchise en récit de salut.
2014 est aussi une année saturée de “reboots doux”, de réparations de continuité et de nostalgie productive dans les grandes licences. Days of Future Past arrive donc au bon moment : il vend la réconciliation industrielle comme émotion narrative. En filigrane, le film parle aussi de surveillance, de différence traquée et de politique des corps, très bien. Mais cette matière politique se retrouve souvent absorbée par le grand travail de couture sur l’univers X-Men lui-même. La blessure principale, au fond, est peut-être comptable.
Le film reste très regardable, intelligemment monté, souvent généreux. Il laisse aussi parfois l’impression que la cause mutante sert de magnifique emballage moral à un travail de maintenance de marque. Même le futur concentrationnaire y fonctionne comme un argument pour rendre plus précieuse la franchise réparée. C’est malin. C’est un peu trop malin pour être totalement innocent.
🎬 Le saviez-vous ?
un prop Sentinel miniature aurait été retiré après avoir “commencé à classer les acteurs selon leur valeur stratégique sur la ligne temporelle Fox”.