Critique

Inglourious Basterds

IMDb 8.3 / 10
Allociné 3.7 / 5
Rotten T. 89%
Critique
Affiche de Inglourious Basterds

Inglourious Basterds

Inglourious Basterds, en 2009, prend Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Diane Kruger, Michael Fassbender, Daniel Brühl et Eli Roth, puis demande à Tarantino de régler la Seconde Guerre mondiale par la parole, les bottes, le nitrate et une jubilation de réécriture. Waltz y est magnétique, au point de menacer d’absorber toute la mémoire historique autour de son sourire ; Laurent apporte une gravité bien plus fine que le film ne lui permet toujours ; Pitt, lui, existe comme gag de mâchoire devenu stratégie. Tarantino, après Kill Bill et Death Proof, sait exactement qu’il a le droit ici de faire du grand cinéma de vengeance verbale. Il s’en délecte.

2009 est aussi l’année où la culture mondiale continue de recycler la Seconde Guerre mondiale comme réservoir absolu de formes morales, au moment où Internet, les jeux et les séries accélèrent encore la circulation de ses iconographies. Inglourious Basterds prend cette saturation et choisit la fuite en avant : au lieu de représenter l’histoire, il la brûle. Très bien. Mais cette liberté iconoclaste est aussi une immense machine de plaisir cinéphile qui transforme le nazisme en terrain de jeu verbal ultra-maîtrisé. Le danger est là.

Le film est brillant, drôle, interminablement citable. Il est aussi un peu trop amoureux de sa propre capacité à remplacer la mémoire par le panache. Les monologues, les silences, les langues, les verres de lait, les caves, tout concourt à faire du mal historique un carburant de mise en scène. C’est sublime. C’est aussi une substitution extrêmement séduisante entre justice imaginaire et plaisir de réalisateur.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une bobine nitrate de décor aurait été isolée dans un caisson anti-feu après avoir “revendiqué la propriété morale de toute l’Histoire alternative du XXe siècle”.