Critique

Fighter

Titre original : The Fighter

IMDb 7.9 / 10
Allociné 3.9 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de Fighter

Fighter

Fighter, en 2010, prend Mark Wahlberg, Christian Bale, Melissa Leo, Amy Adams et Jack McGee, puis transforme la boxe de Lowell en grande affaire de famille dysfonctionnelle, de crack et de survie ouvrière décorée pour saison des prix. Bale y fait évidemment beaucoup, peut-être un peu trop : sa performance ressemble par moments à un hold-up sur le film tout entier. Adams, en contrepoint plus terreux, est remarquable. David O. Russell, après Three Kings et I Heart Huckabees, adopte ici un naturalisme nerveux qui a tout du compromis parfait entre cinéma “sale” et cinéma récompensable.

2010 est aussi une année où l’Amérique post-crise continue à regarder avec intensité les récits de déclassement, de familles au bord du naufrage et de rédemption laborieuse. Fighter prospère dans ce climat. Il raconte la boxe comme scène secondaire : le vrai ring, c’est la famille, les loyautés toxiques, le quartier, la survie émotionnelle. Très bien. Mais cette vérité sociale est constamment repolie par un sens redoutable du “grand rôle” et de la “grande mère envahissante”. On sent l’authentique. On sent aussi la machine à récompenses.

Le film est énergique, très bien joué, souvent drôle. Il est aussi si méthodiquement conçu pour faire surgir de l’humanité cabossée dans les cadres les plus valorisables du cinéma américain qu’on en oublie presque le sport. Même les coups servent surtout à régler les comptes de performance entre acteurs. La boxe devient annexe d’un championnat de prestige.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un gant d’entraînement aurait été suspendu au plafond après avoir “revendiqué une fonction exclusive de médiation entre misère sociale et sacre des comédiens”.