Critique

Les Fils de l'homme

Titre original : Children of Men

IMDb 7.9 / 10
Allociné 3.8 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Les Fils de l'homme

Les Fils de l'homme

Les Fils de l’homme, en 2006, prend Clive Owen, Julianne Moore, Chiwetel Ejiofor, Michael Caine, Clare-Hope Ashitey et Danny Huston, puis demande à Alfonso Cuarón de filmer un monde sans enfants comme s’il était déjà un organisme en train de se décomposer. Owen y est très bon, justement parce qu’il avance avec une fatigue grise plus qu’avec un héroïsme affirmé ; Moore, brève mais essentielle, fournit au film une intensité politique que le scénario redistribue ensuite ailleurs. Cuarón, entre Harry Potter and the Prisoner of Azkaban et Gravity, déploie ici sa grande virtuosité des plans-séquences. Et c’est bien là l’ambiguïté : la catastrophe y est si majestueusement orchestrée qu’on se surprend à admirer sa fluidité.

2006, c’est aussi l’année où les débats sur l’immigration, les centres de rétention, les dispositifs sécuritaires et la crise démocratique des frontières prennent une ampleur croissante en Europe. Les Fils de l’homme parle à ce moment-là avec une force incroyable. Il convertit ces peurs très concrètes en dystopie presque immédiate. Très fort. Mais sa force est aussi un peu trop dépendante d’une beauté de ruine hyper maîtrisée. Même le camp, même la rafle, même la poussière semblent avoir été pensées pour la mémoire cinéphile future.

Le film bouleverse, évidemment. Mais il le fait en transformant l’effondrement politique en chorégraphie sublime. Cuarón sait filmer le chaos mieux que presque tout le monde. On peut juste noter que cette supériorité formelle finit parfois par faire de l’abîme un spectacle si admirable qu’il devient presque trop respirable pour le spectateur bien assis.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un siège de voiture éclaboussé de faux sang aurait été retiré du plateau après avoir “revendiqué la totalité du réalisme tactile sur la question de la survie de l’espèce”.