Critique

Spider-Man

IMDb 7.3 / 10
Allociné 4.2 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de Spider-Man

Spider-Man

Spider-Man, en 2002, prend Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Willem Dafoe, James Franco, Rosemary Harris et J.K. Simmons, puis demande à Sam Raimi de transformer l’adolescence nerd, le deuil parental et Manhattan en grand mélodrame de justicier bondissant. Maguire y est touchant, justement parce qu’il semble parfois presque trop doux pour son propre costume ; Dafoe, lui, joue Norman Osborn comme si le théâtre avait dévoré le laboratoire, et c’est lui qui met le film en tension réelle. Raimi, après Evil Dead et A Simple Plan, choisit ici une voie si franchement comic-book qu’elle a depuis été bénie comme l’âge d’or perdu du super-héros sincère.

2002, c’est aussi l’année qui suit immédiatement le 11 septembre, quand New York redevient sur les écrans une ville à protéger, une icône blessée, un espace où l’idée de “sauver des gens” change brutalement de poids symbolique. Spider-Man capte ce climat très nettement. Il y répond par une morale si limpide qu’elle semble presque thérapeutique : un garçon ordinaire devient gardien de la ville. Très bien. Mais cette pureté est aussi très confortable. Même la douleur y obéit à un principe de service public émotionnel.

Le film reste drôle, vif, souvent charmant. Il est aussi un peu trop confiant dans sa propre bonté. Chaque battement entre Peter, Mary Jane et Ben semble distribué pour produire le bon apprentissage moral, à la bonne minute, avec la bonne musique. On admire la franchise du geste ; on peut aussi regretter qu’une histoire de mutation adolescente finisse si volontiers en catéchisme héroïque à gratte-ciel.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une toile de secours aurait été rembobinée d’urgence après avoir “tenté de raccorder seule l’ensemble du Queens à une théorie morale du vertige”.